Jorge COLOMINA

Jorge Colomina est un peintre de tempérament.
Le geste vif, il structure sa composition. Traits déterminés, fulgurants même, qu’ils soient lignes ou courbes. Couleurs chatoyantes des huiles, acryliques, encres ou pastels.
Grâce à sa technique mixte, il les utilise en simultané. Pour plus de variations chromatiques, contrastes et dégradés, pour plus d’effets de texture, de grain aussi. Dans une expression nourrie de cubisme, l’artiste impose sa vision optimiste, son énergie.
Toujours spontané, il est de plus en plus libre de son mouvement : affranchi des contraintes du classicisme, il repousse les limites des figures imposées. Il invente. Ses harmonies de formes reposent sur une imbrication des rondeurs et des quadrilatères. À la frénésie des couleurs, il ajoute la profondeur. Les couches se superposent, créent des reliefs, des perspectives. Imprégné des univers de ses maîtres, Picasso en tête, l’artiste insuffle sa « Movida ».
Le pinceau nerveux, il jette ses visions picturales sur la toile. Et, toujours, la femme reste au cœur de ses inspirations, ses obsessions. Chez Colomina, l’on peut déceler, aussi, des affinités avec le mouvement Cobra. L’entière liberté de création associée au goût de l’expérimentation se traduit par ses mariages audacieux de teintes, ses silhouettes, dessinées d’un seul trait, d’un même souffle.
Certaines de ses œuvres font écho aux arts appelés primitifs : les visages renvoient aux masques et totems comme à leurs descendants de l’art urbain, Basquiat, par exemple. À soixante ans, la même passion anime un Jorge Colomina toujours avide de peinture.
Entre reconnaissance institutionnelle – le Musée d’Histoire Juive de Gérone pour sa série sur l’Inquisition, le Centre Culturel d’Ormesson –, expositions et salons d’art contemporain en France comme en Europe, l’artiste trace son chemin et donne à voir toute la diversité de son talent. Les collectionneurs du monde entier ne s’y trompent pas, ils parient sur la singularité pérenne de cette signature.