Line C

Les premiers travaux artistiques de Line.C ont d’abord été exposés en 1998 (Biennale internationale Dak’art 98, puis Femin-Art en Allemagne et Belgique). Ils se concentrent sur la recherche du masque et du visage, s’exprimant en peinture avec des techniques de dripping chères à Pollock, utilisant huiles et pigments pour nous montrer ces visages androgynes et métissés, mais aussi des recherches photographiques sur le «nonmasque» montrant alors les expressions non-contrôlables de sauteurs à l’élastique qu’elle saisit au vol puis insole sur toile en chambre noire.
Diplômée des Beaux-Arts de Rennes depuis 2000, elle travaille à sa sortie en tant qu’infographiste free-lance dans des agences de pub puis en tant que maquettiste pour des groupes de presse jusqu’en 2003 (Hersant à Tahiti puis Ouest-France à Rennes). Reprenant un statut d’artiste libre depuis 2003, elle se consacre exclusivement à la peinture à partir de 2009.

Line.C réalise l’affiche de la 26ème édition des Transmusicales en 2004. Celle avec ce visage métissé sur fond rouge, les yeux fermés, les mains autour des oreilles semblant écouter le monde. Ce visuel remporte les suffrages et un énorme succès. Cette artiste accorde à l’Humain une place prépondérante dans ses œuvres, laissant la part belle à la fragilité, la force, le hasard, l’accident, l’instant…
Elle effectue dans le même temps le cheminement contemporain qui va du figuratif à l’abstraction et celui qui va de l’abstraction au figuratif, ce qui induit de multiples lectures dans chacune de ses toiles. Une palette colorée, des effets de matière, une composition élaborée dans laquelle la lumière tient une place prépondérante, les toiles sont dans un premier temps travaillées avec des pigments puis, dans un second temps, à l’huile, nous faisant découvrir une matière généreuse et des couleurs denses.

Laque européenne

2015 est devenue une année charnière au niveau artistique quand j’ai décidé de me former à la laque française, issue du vernis Martin, auprès du maître d’art Isabelle Emmerique à Paris. C’est pour moi la continuité de mon travail pictural à l’huile. Cette nouvelle matière venant l’enrichir et apporter un nouveau souffle à mon art.

Tradition française, vieille de 300 ans, dont les gestes puisent dans les techniques et mise en œuvre chinoises et japonaises pour la plupart, la laque européenne s’inscrit depuis dans le registre décoratif occidental. La mise en œuvre s’accompagne d’un travail rigoureux et de qualité, les couleurs sont fabriquées à partir du vernis additionné de térébenthine chargé de pigments en poudre, elles peuvent alors servir pour le fond de couleurs, les reliefs ou l’incrustation de teintes.
Les décors (feuilles d’or, de cuivre, poudre de bronze, incrustation de coquille d’œuf…) posés sur le fond de couleurs poncé privilégient le graphisme avec les repiqués à l’or et au palladium qui donnent tout leur raffinement au tumulte des couleurs. Les finitions brillantes ou mates sont obtenues par un lustrage à la main. 2 à 3 mois sont nécessaires à la mise en œuvre qui reste manuelle jusqu’aux finitions.
La laque se veut précise, exigeante et terriblement passionnante…
Ma création s’enrichit au fil des laques qui se succèdent et se nourrissent les unes après les autres ne cessant d’ouvrir de nouvelles portes. Il s’agit là de la continuité de mon travail pictural à l’huile, que je poursuis en parallèle.

L’humain toujours au cœur de l’action. L’humain, mais surtout son moi profond, celui qui tour à tour le caractérise ou évoque ses états d’âmes. Le visage comme vecteur vers l’intériorité. Il aborde par sa coiffe et ce qui se passe dans ou sur sa tête, de nouveaux paysages picturaux imaginaires. Un langage purement graphique créant alors des œuvres semi abstraites et figuratives, richement ornées. Intemporel, mais résolument contemporain.